Roger Decaux

La main de Decaux est une main-signe qu'il laisse errer dans les ressacs d'Eros et dans les ombres mortelles. En langage d'abîme, Decaux le très grand peintre met à nu le drame ultime et porte très haut le combat de l'art.

Du ventre à l’âme, de la main au sang, de la chair au ciel se déploie l’œuvre aventureuse de Decaux. Son écriture ininterrompue, gestuelle et dense fait éclater les significations sous-jacentes au discours. Ainsi une émotion élémentaire, pré-esthétique étreint le spectateur, outrepasse les ordinaires références, et l’arrache à ses habitudes visuelles.

Decaux, comme Rainer ou Rustin, dérange l’ordre établi du regard et oblige à voir l’insoutenable. Par son œuvre s’accomplit le meurtre des regards complaisants.

Le trait n’enferme pas la couleur. L’objet ne retient pas la ligne, et l’absolue mobilité de la main, indépendante et convulsive, comme une lumière affolée, dépasse la forme.

Christian Noorbergen

Biographie