Eddy Ekete


Ayant grandi à Kinshasa, je n’avais qu’une hâte : travailler et creuser l’atmosphère et les différentes matières de Kinshasa.

Je fais de l’art pour comprendre ce que je ne comprends pas, je joue avec le faux et le vrai.

L’art est la seule porte qui me reste ouverte.

Je ne suis pas un africain radical ni exotique, mais un homme d’un territoire qui a envie de vivre l’ouverture.

Je me sens incomplet et ma recherche sera incessante.

La vie est faite de choses qui changent autour de nous, mon travail sera toujours en mouvement.

" Je crée avec ce que la société fabrique.

Que ce soit sur toile, en volume ou en performance, je pars d’une réflexion sur la société, qui s’ancre directement dans sa matière concrète. Ma réflexion porte toujours sur une matière que je vais trouver, «présente-absente» dans nos sociétés.

Par exemple, en peinture et pour la technique du collage, j’aime utiliser les couleurs des emballages. Ces couleurs m’ont toujours frappé par la force d’attraction qu’elles exercent sur le consommateur. De plus, ce sont des couleurs que l’industrie arrive à réaliser; tandis que moi-même en tant que simple peintre, il m’est difficile de les reproduire.

Un autre exemple est celui de ma performance «homme-canette»: un costume réalisé en canettes - environ 700 canettes pour un costume ; toutes ramassées dans nos rues, par terre ou dans nos poubelles. Que je les ressorte, confectionnées en habit qui fait du bruit, crée un effet de surprise, et pourtant chacun reconnaît de quoi il s’agit.

Ainsi mon travail s’ancre dans une réflexion sur le recyclage des matériaux qui font écho au quotidien de chacun.

Par la transformation de leur usage, leurs valeurs se voient également modifiées et le regard des gens change : c’est une façon de partager mes interrogations face à la consommation induite par nos sociétés, consommation manifestée par la présence d’une immense déchetterie planétaire."

Eddy EKETE

La page Facebook d'Eddy Ekete - L'homme canette - Biographie